Chronique : Discours de la servitude volontaire, La Boétie.

Bonjour à tous !

Aujourd’hui je vous retrouve pour ma première chronique littéraire, qui est issue d’un travail que j’ai effectué pour mes études il y a quelques mois, à propos de Discours de la servitude volontaire de La Boétie. Cette chronique sera utile aux étudiants, mais aussi aux autres parce que certaines phrases sont très puissantes et résonnent fortement en chacun de nous.

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Etienne de La Boétie est un poète et écrivain français, né en 1530 et mort en 1563. Il écrit Discours de la servitude volontaire en 1549 durant la répression des soulèvements populaires qui protestaient contre l’unification de la gabelle, un impôt. La répression fut notamment très dure à Bordeaux, où vivait La Boétie. C’est sans doute pour dénoncer de tel agissements qu’il a écrit ce livre, qui ne sera publié pour la première fois qu’en 1576, à titre posthume.

Son but est ouvertement de vouloir pousser le peuple français (ainsi que tous les peuples oppressés) à la révolte. Ainsi il écrit « peut-être ai-je tort de vouloir ainsi exhorter un peuple.

En effet, dans son ouvrage, La Boétie cherche à savoir pourquoi les Hommes obéissent à des tyrans. Etant donné que ces derniers basent leur pouvoir uniquement sur l’obéissance du peuple qu’ils oppressent, il semble logique que si le peuple dit non, refuse d’obéir, alors le tyran perd tout son pouvoir, puisqu’il est seul. Il établit donc que c’est également l’habitude de la servitude qui empêche le peuple de se rebeller, et pas seulement la peur des tyrans. Il ajoute également que les tyrans sont légitimés par le peuple, par le fait que le peuple accepte d’obéir à un tyran.

C’est pourquoi il dit que la servitude est volontaire : le peuple se réfugie derrière la peur du tyran pour justifier son inaction, alors que c’est aussi et surtout une peur de changer d’habitude qui lui fait supporter les tyrans.

Par la suite il cherche à expliquer pourquoi les peuples ne se révoltent pas.

Cependant, on pourrait peut-être opposer à l’auteur que dans la réalité, un tyran est rarement seul : au Moyen-Âge le Roi s’appuyait sur des vassaux, la monarchie absolue s’appuyait sur les nobles, et les tyrans actuels s’appuient sur une bureaucratie qui les soutient.

Ainsi dans les faits il est difficile de renverser un tyran simplement en refusant d’obéir, car une partie de la population semble toujours trouver un avantage à l’oppression du peuple par ce tyran : on peut prendre l’exemple de la Révolution française, qui a été très laborieuse et a dans un premier temps permis l’avènement de nouveaux tyrans. (Robespierre par exemple)

La Boétie évoque d’ailleurs lui-même l’entourage des tyrans à la fin de son livre : « Quand je pense à ces gens qui flattent le tyran pour exploiter sa tyrannie et la servitude du peuple […] »

Cependant force est de constater que parmi les dirigeants actuels qui oppressent leur peuple, certains restent extrêmement populaire. Cette situation me fait penser à cette citation : « ceux qui sont élus par le peuple le traitent comme un taureau à dompter », c’est le cas de Poutine en Russie et Erdogan en Turquie actuellement, on peut également penser à Napoléon III.

Un autre exemple auquel on peut facilement appliquer la thèse de La Boétie est la Corée du Nord. En effet ce régime autoritaire coupe totalement le peuple de l’extérieur afin d’éviter un soulèvement populaire : si le peuple ne connait pas la liberté comme alternative il ne se révolte pas. Or c’est pour La Boétie une des raisons pour lesquelles le peuple supporte ses tyrans.

J’ai trouvé plusieurs citations de La Boétie très enrichissantes :

« Ils prennent pour leur état de nature leur état de naissance »

« Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux »

« Il n’y a rien de plus contraire à la nature que l’injustice »

« La première raison de la servitude volontaire, c’est l’habitude »

« La nature de l’homme est d’être libre et de vouloir l’être »

« Il y a trois sortes de tyrans. Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race. »

« Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez livre »

Voilà tout pour cette première chronique, ce livre est un classique que je conseille à tous, d’ailleurs vous pouvez l’écoutez gratuitement en audio ici. Vous en aurez pour seulement une heure, ça vaut le coup non ?

Sinon vous pouvez vous vous procurez ce livre pour très peu cher ici.

J’espère que cet article vous aura plu, n’hésitez pas  à me dire en commentaire votre avis sur ce livre, ou à ajoutez des citations qui vous ont marqué !

La prochaine chronique arrivera sous peu, il s’agira de Soumission de Houellebecq

A bientôt,

MB.

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4 Replies to “Chronique : Discours de la servitude volontaire, La Boétie.”

  1. Cet article était vraiment très intéressant ! Merci pour ta chronique. Je pense aussi que ce qui empêche un peuple de se révolter, c’est le manque d’organisation doublé de la peur. Le tyran a forcément des adeptes, au moins celleux qui l’entourent de près, une partie de son armée sûrement, etc.. Organiser un début de rébellion signifie aussi prendre le risque d’être dénoncé si on en parle trop. C’est sûrement déjà arrivé. Imaginons un homme qui décide d’organiser une rébellion, s’il en parle à trop de gens, même si ces gens sont d’accord avec lui, certains peuvent décider de le dénoncer sous peur d’être tués eux-mêmes. Vivre sous un régime tyrannique est sûrement très loin d’être simple..

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